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Tom Ridge : Pourquoi avons-nous besoin d’un changement de régime en Iran ?

Tom Ridge : Pourquoi avons-nous besoin d’un changement de régime en Iran ?

Tom Ridge, ancien Secrétaire américain à la Sécurité intérieur, a publié une tribune dans le magazine «Newsweek», le 7 octobre, sur la politique que devraient adopter les pays occidentaux vis-à-vis du régime en Iran :

Le président Trump a été très clair concernant son engagement ferme à lutter contre le fléau mondial du terrorisme et à combattre les pays qui le soutiennent.

Dans son premier discours à l'Assemblée générale des Nations Unies le mois dernier, le président a identifié sans hésiter les acteurs qui sont nos amis et ceux qui sont nos ennemis dans cette région instable.

En plus de travailler à combattre le terrorisme de Téhéran, il y a un partenariat significatif à établir avec un groupe démocratique de la résistance iranienne, qui a une assise significative en Iran – le CNRI (Conseil National de la Résistance iranienne). C'était le CNRI qui, en 2002, fût le premier à tirer sur la sonnette d'alarme au sujet du programme d'armes nucléaires clandestines de Téhéran qui a duré depuis 20 années, ce qui a déclenché les inspections de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA).

Le président Trump a clarifié son message en faisant la part entre le gouvernement répressif iranien et le peuple iranien dans ses propos devant l'Assemblée générale de l’ONU le mois dernier.

Pour la première fois depuis la révolution populaire qui a renversé le Shah en 1979, un président américain a reconduit les liens entre les États-Unis et la population iranienne, en reconnaissant leur objectif commun de changement et les a encouragés à choisir les « fondements qui font la fierté de leur nation en tant que centre de civilisation, de culture et de richesse ».

« Le monde entier comprend que le noble peuple d'Iran aspire à un changement, a déclaré M. Trump. Et, à part l'immense pouvoir militaire des États-Unis, la population iranienne est ce que ses dirigeants craignent le plus. C'est ce qui fait que le régime restreint l'accès à Internet, détruit les antennes paraboliques, tire sur les étudiants manifestants non armés, et emprisonne les réformateurs politiques. »

On pourrait s'attendre à ce que la Maison Blanche soit à même de pérenniser ses efforts en élargissant sa recherche de partenaires potentiels, dans le combat pour un avenir meilleur dans la région du Golfe persique. Parfois, les acteurs non étatiques ont autant de rôle à jouer que les gouvernements nationaux.

Le conflit politique naissant avec la République islamique en est certainement une illustration. Si un membre de l'équipe du Président avait vu la foule rassemblée à l’extérieur du siège de l'ONU lors du Rassemblement de l'Iran Libre, protestant contre la présence du président iranien Hassan Rohani aux Nations Unies, il comprendrait le potentiel de la coalition anti-Rohani.

La manifestation a attiré des milliers de militants politiques iraniens et beaucoup de leurs sympathisants américains. Il a aussi clairement souligné la capacité de la population iranienne à réaliser le changement de régime en synergie avec une opposition organisée dans les politiques intérieures et étrangères.

La cheffe de l'opposition, Maryam Radjavi, a soutenu que le régime des mollahs est plus vulnérable que jamais, en raison du mécontentement toujours croissant en Iran, de la prise de conscience internationale grandissante du mépris de Téhéran pour la démocratie et les droits de l'homme et sa contribution permanente à l'instabilité au Moyen-Orient et au-delà.

Mme Rajavi énonce « trois vérités fondamentales » : que le changement de régime en Iran est impératif, qu'il est réalisable et qu'il existe un mouvement de Résistance organisé prêt à faciliter ce changement dès qu'il bénéficie d'un soutien adéquat des pays épris de liberté.

L'Administration doit accepter ces vérités. Si l'histoire sert de guide, les chefs religieux ainsi que leur régime de marionnettes en Iran n'en inverseront jamais le cours. Par son implication, qui n’est rien d'autre qu'un appel au changement de régime, la réprimande cinglante du président contre l'Iran à l'ONU semble s'accorder aux volontés de la population iranienne. Le CNRI est un allié naturel puisqu'il partage l'objectif d'une Iran tolérante, pacifique, démocratique, et non nucléaire.

Changer le régime de l'intérieur est l'option privilégiée du moment. Une première étape significative dans ce processus serait la reconnaissance publique du CNRI, l'adoption de son programme démocratique en dix points et la possibilité pour ses dirigeants de se présenter à nos leaders politiques et au public américain.

En élaborant une politique vis à vis de l'Iran, il est important non seulement de mener des luttes politiques contre la République islamique, mais aussi de créer des relations avec des personnes et des groupes comme le CNRI dont l'objectif est d'amener la liberté et la démocratie en Iran et de rendre le Moyen-Orient plus sûr, plus tolérant et plus sécurisé.