Par Jubin Katiraie

La Commission des femmes du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) a appelé à une action urgente pour sauver la vie de trois prisonnières politiques de la prison de Qarchak, à la suite d’un rapport fiable selon lequel elles risquent d’être tuées.

Le rapport indique que le directeur de la prison de Qarchak, Mehdi Mohammadi, a payé des prisonnières de droit commun dangereuse pour attaquer et assassiner Zahra Safaei, sa fille Parastoo Mo'ini et Forough Taghipour, sous le couvert d'un rixe, ce qui jette le soupçon de meurtres délibérés.

Selon ces informations fiables, le 31 août dernier, des détenues ordinaires de la prison de Qarchak ont déclaré : « le directeur de la prison nous a engagées pour frapper ces prisonnières politiques à Qarchak et nous battre avec elles. Mais nous ne savons pas pourquoi nous devons le faire ? Ces trois femmes sont très gentilles et calmes, et elles n’ont fait de mal à personne. »

La source faisant état de cette situation a également déclaré : « Sur ordre du directeur de la prison, les trois femmes ont reçu l’ordre de ne parler à aucun » autre détenue. C’est parce que si elles parlent aux autres et se mêlent à elles, elles les transformeront en partisans de (la principale force d’opposition iranienne,) l’OMPI”.

Les informations disent : « Certains jours, Mme Safa’i, Parastou Mo’ini et Forough Taghipour doivent se rendre à l’atelier pour éviter les menaces et les attaques des agents du directeur de la prison. Les trois prisonnières politiques sont constamment insultées dans un langage vulgaire par les agents de la prison. »

Zahra Safa’i s’est plainte auprès des autorités de la prison de Qarchak, en disant : « Nous n’avons aucune sécurité ici. Nous ne nous sentons pas en sécurité la nuit dans la cellule et même pas quand nous avons l’intention d’aller dans le complexe des salles de bain. »

Zahra Safa’i, Parastou Mo’ini, and Forough Taghipour ont été arrêtées le 24 février 2020 et transférées au centre de détention du ministère du Renseignements (quartier 209 de la prison d’Evine). Elles ont été éloignées à la prison de Qarchak en avril 2020.

Zahra Safa’i a été prisonnière politique de 1981 à 1989. Elle a été arrêtée à nouveau en 2006, puis bannie à la prison de Qazvine en 2009. Son père, une figure importante du monde des affaires de Téhéran, a été exécuté en 1982 pour avoir soutenu l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK).

Zahra Safa’i a été menacée le 3 juin 2020 par plusieurs détenues engagées par le ministère du Renseignement. Elles ont menacé de l’attaquer et de la tuer.

De nouveau, le 27 août 2020, elle a été brutalisée par deux dangereuses criminelles qui l’ont frappée à la tête et au visage en essayant de la blesser, un jour seulement après avoir été envoyées dans sa cellule. D’autres détenues sont intervenues pour arrêter les assaillantes.

Les deux femmes qui ont attaqué Mme Safa’i sont condamnées pour vol et trafic de drogue. L’une d’elles est Zeinab Ghanbarnejad, 44 ans, de Téhéran, et l’autre est Narguesse Amir Ali, 42 ans, de Téhéran.

Les conditions carcérales sont devenues alarmantes et intolérables pour Zahra Safa’i, Parastou Mo’ini et Forough Taghipour à la prison de Qarchak. Faire tuer des prisonnières politiques aux mains de dangereuses criminelles est une méthode connue du régime clérical.

Alireza Shir Mohammad Ali, un manifestant de 21 ans qui avait été arrêté et détenu dans le grand pénitencier de Téhéran, a été assassiné de cette manière le 10 juin 2019.