Asharq Al-Awsat (quotidien arabe): Par Tariq Alhomayed, rédacteur en chef - Il semble que le processus de démocratisation en Irak soit en train d’évoluer rapidement, toutefois, cela évolue dans la mauvaise direction.

 Que signifie que la commission de « dé-Baasification », ou ce qu’on appelle désormais la commission de la justice et de responsabilité, cherche à briser avant les prochaines élections irakiennes tous les blocs politiques irakiens en désaccord avec le programme iranien en Irak ou s'opposant aux alliés de Téhéran en Irak qui ont le pouvoir et l'autorité ?

 L'accusation qui est toujours brandie est l'affiliation au parti Baas ou de sympathiser avec lui, appelez ça comme vous voudrez. Ou bien encore [la Commission] procède à des arrestations et des descentes [à leurs domiciles].

Après que le chef du Front du Dialogue national Saleh Al-Mutlak et son bloc aient été visés et interdits aux prochaines élections irakiennes, sous prétexte de sympathiser avec les baasistes, (et cela serait fondé sur une blague entre Mutlak et un tiers), quelque 500 personnalités irakiennes ont également été exclues, notamment le ministre irakien de la Défense Abdul Qader Obaidi. Le Dr. Iyad Allawi considère qu’il s’agit d’une décision politique et de l'élargissement du cercle de la vengeance, et que cela entrainera le chaos, pas un état de droit.

Par conséquent, quand nous disons que le processus de démocratisation en Irak évolue rapidement, mais dans la mauvaise direction, il est clair aujourd'hui que la Commission de dé-baasification, ou la Commission justice et de responsabilité, a fini par ressembler au Conseil des gardiens iranien, qui décide de qui peut se présenter aux élections présidentielles iraniennes.

La différence c’est que le Conseil des gardiens iranien se prononce sur une nomination sur une base individuelle, alors que la Commission irakienne va bien plus loin en resserrant l'étau sur les blocs et les personnalités politiques irakiennes. Il aurait été plus facile pour la Commission de dé-baasification, ou quel que soit son nom, de dire qui peut se présenter aux prochaines élections au lieu de laisser la liste des candidats interdits accusés d'être affiliés ou de sympathiser avec les baasistes dépasser plusieurs milliers.

Ce n'est pas du sarcasme, mais la vérité. Le processus en cours d'interdiction des entités et personnalités irakiennes est devenu une manœuvre politique à visage découvert, l'élargissement du cercle de la vengeance et la montée de l'autorité d'un groupe au détriment de toutes les composantes irakiennes au nom de la démocratisation. Cette forme de démocratie ne ressemble qu'à la démocratie déformée que nous voyons en Iran, dont les résultats ont conduit à l'oppression de la population, à l’assassinat et l'emprisonnement des femmes sans parler des hommes et des jeunes, et l'accusation d'être un agent d’Israël et de l'Occident qui en est jeté à quiconque conteste l'autorité. [On est également accusés d’] être contre Dieu et la religion si l’ont va à l'encontre des instructions du Guide suprême dans la mesure où en Iran, il est désormais illégal d'utiliser les téléphones mobiles ou des emails pour exprimer son opposition au régime d'Ahmadinejad.

 La différence entre le Conseil des gardiens et la Commission pour la justice et la responsabilité, chargée de déraciner le baasisme, c’est que cette dernièrer veut tirer les leçons des erreurs commises en Iran. Elle lance donc des opérations préventives avant les prochaines élections irakiennes en traquant ceux qui s'opposent en Irak aux alliés influents de l'Iran aujourd'hui, avant leur victoire dans les urnes, car cela rendrait le processus de répression plus difficile après. Dans le cas contraire, les alliés de l'Iran en Irak seraient contraints de poursuivre leurs opposants dans les rues comme le font les mollahs aujourd'hui contre l'opposition en Iran.
 
mercredi, 18 janvier 2010

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